Au travers de son réseau culturel en Allemagne, la France est présente dans 25 villes, soit au travers des antennes de l’Institut français d’Allemagne, soit au travers des centres franco-allemands partenaires.
Le cinéma Metropolis présente une rétrospective des films de Jean Eustache.
Jean Eustache (1938–1981) fait partie des cinéastes français qui ont immédiatement succédé à la première génération de la « Nouvelle Vague ». Son œuvre, souvent marquée par une forte dimension autobiographique et réalisée dans des conditions généralement difficiles, ne compte que douze films, mais figure parmi les plus importantes du cinéma français. Issu de la classe ouvrière en province, Eustache est lui-même toujours resté un marginal, notamment parce que ses films mettent principalement en scène des personnages vivant en marge de la société. Ses personnages ne se révoltent pas, et Eustache ne les idéalise ni ne les sentimentalise : il les montre avec sobriété, sans posture morale, ce qui contribue au caractère dérangeant de ses films. Mais rares sont les cinéastes qui, comme lui, ont su rendre aussi sensible au cinéma le passage du temps et la dimension éphémère de l’existence.
Le 9 juillet à 18h et le 13 juillet à 19h30 :
Du côté de Robinson (version originale sous-titrée)
France, 1964, Jean Eustache, 42 min.
Avec Aristide Demonico, Daniel Bart
Le Père Noël a les yeux bleus (version originale sous-titrée)
France, 1966, Jean Eustache, 47 min.
Avec Jean-Pierre Léaud, Gérard Zimmerman, Henri Martinez
Le premier film d’Eustache, Du côté de Robinson, raconte l’histoire de deux jeunes hommes qui, un dimanche après-midi dans le quartier parisien de Montmartre, partent à la recherche de femmes. Ils abordent une jeune femme et se retrouvent finalement avec elle dans un dancing. Le film se concentre sur des situations du quotidien qui, à l’époque, n’étaient généralement pas montrées au cinéma.
Le Père Noël a les yeux bleus se déroule dans la ville hivernale de Narbonne : afin de réunir l’argent nécessaire à l’achat d’un manteau, un jeune homme se fait engager comme Père Noël dans un grand magasin. Une fois encore, Eustache mêle observation du quotidien et fiction, et dresse ainsi le portrait mélancolique d’une ville de province. Les deux moyens métrages ont ensuite été réunis sous le titre Les Mauvaises Fréquentations pour former un programme de cinéma.
Le 18 juillet à 16h30 et le 30 juillet à 17h :
Mes petites amoureuses (version originale sous-titrée)
France, 1974, Jean Eustache, 123 min.
Avec Martin Loeb, Ingrid Caven, Jacqueline Dufranne
Un été d’innocence s’achève brutalement : Daniel, 13 ans, est arraché à sa vie rurale protégée et plongé dans l’univers étroit de la ville et la dureté du monde adulte. À la place de l’école et des amitiés, son quotidien est marqué par le travail, la froideur sociale et les premières confrontations à la sexualité. Partiellement autobiographique, le film condense des souvenirs personnels en une étude attentive du passage à l’âge adulte — et d’une jeunesse qui disparaît avant même de pouvoir s’épanouir.
Le 20 juillet à 17h et le 31 juillet à 17h :
Une sale histoire
France, 1977, Jean Eustache
Film 1 : 28 min. Avec Michael Lonsdale
Film 2 : 22 min. Avec Jean-Noël Picq
Une sale histoire est composée de deux films. Le premier, tourné en 16 mm dans un style proche du cinéma vérité, montre un homme racontant ses expériences voyeuristes dans les toilettes d’un café parisien, où il a découvert un trou dans le mur donnant sur les toilettes des femmes. Eustache fera ensuite reprendre ce même récit dans un film tourné en 35 mm et interprété par un comédien professionnel.
Les deux films sont cependant projetés dans l’ordre inverse : la fiction précède le documentaire. Se pose alors la question de ce qui, dans l’histoire racontée par Picq, relève du réel ou de l’invention. Eustache propose ainsi une réflexion unique sur les rapports entre documentaire et fiction.
Court métrage en avant-programme : Les photos d’Alix (version originale sous-titrée)
France, 1980/82, Jean Eustache, 18 min.
Avec Alix Cléo-Roubaud, Boris Eustache
Dans Les photos d’Alix, l’Alix du titre est assise à une table avec un homme. Elle commente une série de photographies que le public découvre simultanément. Cependant, la subjectivité du regard et ce qui est effectivement visible ne coïncident pas toujours. Il s’agit du dernier film d’Eustache, récompensé en 1982, un an après sa mort, par un César.
Image: ©Anouchka Films
09 juillet 2026 - 31 juillet 2026
Metropolis Kino
Kleine Theaterstraße
10
20354 Hamburg