hurth

Dominique Hurth – Les sacs à main privés ne sont pas autorisés en service extérieur

18 octobre 2025 - 11 janvier 2026

Veranstaltungs-Infos

Focus sur la culpabilité féminine à l’époque nazie. 

Vernissage: Ven.17.10., 19h  

L’artiste Dominique Hurth développe au sein des espaces du Württembergischer Kunstverein une nouvelle présentation de son projet de recherche artistique au long cours sur la culpabilité féminine sous le national-socialisme. Ce travail prend pour point de départ la figure de la gardienne de camp dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück.

À Ravensbrück, principal centre de formation du personnel féminin de surveillance des camps de concentration, environ 3 340 femmes, pour la plupart jeunes, ont exercé comme gardiennes entre 1939 et 1945. Bien qu’elles ne fussent pas membres de la SS, elles étaient placées sous son autorité contractuelle. Pour leur implication – souvent violente – elles bénéficiaient de privilèges et d’une certaine autonomie.

Dans son exposition, Hurth explore trois axes principaux : les uniformes des gardiennes ; la production textile à Ravensbrück ; et les procès intentés aux anciennes gardiennes après la guerre.

Les uniformes sont analysés à travers le prisme de la représentation des genres, des statuts sociaux et de leurs liens avec l’univers de la mode de l’époque. À Ravensbrück, dans des conditions de travail forcé, on fabriquait principalement des vêtements de détenus, des uniformes militaires et ceux destinés aux surveillantes. Hurth étudie cette production sous l’angle de l’économie, des procédés et outils de fabrication, de la violence inhérente et des liens avec l’industrie textile civile.

Dans le contexte des procès nazis, Hurth interroge l’architecture provisoire des salles d’audience, la documentation photographique et le langage judiciaire, souvent empreint d’euphémismes et de stéréotypes.

Aux côtés d’œuvres existantes, l’exposition présente de nombreuses créations inédites, conçues pour le Kunstverein comme une installation d’ensemble. Celle-ci inclut des installations textiles et architecturales inspirées des métiers à tisser, rideaux ou salles d’audience temporaires, des dessins, textes, projections vidéo et diapositives, ainsi que des documents historiques (revues, photographies, archives, uniformes et autres vêtements). Ces éléments forment un récit complexe autour de la culpabilité féminine – un parcours sensible, critique et contemporain à travers l’histoire.

Un élément central de l’exposition est une sélection de dessins réalisés par des détenues comme la résistante française Violette Lecoq pendant leur captivité, ou comme Ceija Stojka, plusieurs décennies plus tard. Cette artiste rom autrichienne, survivante enfant de plusieurs camps de concentration, n’a commencé à exprimer ses souvenirs qu’à partir de la quarantaine à travers des poèmes, dessins et peintures puissants.

Après s’être penché en 2024 sur les victimes actuelles de la violence d’extrême droite avec Three Doors du collectif Forensic Architecture, le Kunstverein se tourne aujourd’hui, avec Dominique Hurth, vers l’histoire des femmes coupables ou complices sous le nazisme – un sujet encore largement tabou. Hurth l’aborde avec une perspective clairement féministe. La force artistique et esthétique de son travail réside dans sa capacité à traiter la complexité de ce sujet au-delà des dichotomies rigides victime/bourreau et homme/femme, tout en établissant un lien fort avec le présent.

En parallèle à l’exposition de Stuttgart, une installation de Hurth est également visible au mémorial de Ravensbrück.

Commissaires : Hans D. Christ, Iris Dressler
Assistance curatoriale : Anne Volk

Une exposition du Württembergischer Kunstverein.
Avec le soutien de la Fondation Wüstenrot, du Bureau des arts plastiques de l’Institut français d’Allemagne et de Pro Lab, Stuttgart..

18 octobre 2025 - 11 janvier 2026

Württembergischer Kunstverein
Schlossplatz 2 Stuttgart
70173